ÉDITÉ PAR RACINE, L’OUVRAGE TOURS ET DÉTOURS LES PLUS BELLES EXPRESSIONS DU FRANÇAIS DE BELGIQUE – FRUIT D’UNE COLLABORATION ÉTROITE ENTRE L’AUTEUR, L’ÉDITEUR ET LA PROVINCE DE LUXEMBOURG

DÉFENSE ET ILLUSTRATION DE LA LANGUE FRANÇAISE

Depuis près de cinq siècles, court cette idée qu’il faut défendre et illustrer la langue française.

Idée de poète. Du nommé Joachim Du Bellay. Lancée en 1549 à travers une publication retentissante comme un mot d’ordre.
Idée qui faisait suite à l’ordonnance du roi François 1er, qui voulait qu’on utilisât – subjonctif imparfait ! – le français dans tous les arrêts de justice.

De ce moment-là, la langue est bel et bien devenue une affaire d’État. Une cause nationale. Et le politique et le poète, ensemble, de conserve comme disent les marins, ont bataillé et gagné la partie. Mais leur victoire n’avait rien de définitif. À chaque génération, il fallut – et il faut toujours – reprendre le combat ; il faut le continuer.

Alors voilà : maintenant que ces choses-là sont rappelées, j’ai envie de profiter de l’occasion, des circonstances, pour nous lancer des fleurs, à nous gens de la province de Luxembourg.

Nous, en province de Luxembourg, en matière de défense et illustration de la langue française, on fait largement notre part du boulot. On pourrait en remontrer à beaucoup d’autres.

En l’espace d’une semaine, en plein mois de décembre, on trouve le moyen de rendre hommage à cette bonne vieille grammaire qu’est le Bon usage, à ses 80 ans, à sa seizième édition et à ses auteurs (c’est dimanche prochain à Rulles) ; et on sort, en collaboration avec les éditions Racine, cet ouvrage du professeur Michel Francard donnant un aperçu détaillé, expliqué, commenté et… illustré de ce que les Belges ont produit comme expressions imagées.

ÉDITÉ PAR RACINE, L’OUVRAGE TOURS ET DÉTOURS LES PLUS BELLES EXPRESSIONS DU FRANÇAIS DE BELGIQUE EST LE FRUIT D’UNE COLLABORATION ÉTROITE ENTRE L’AUTEUR, L’ÉDITEUR ET LE DÉPARTEMENT DES AFFAIRES CULTURELLES DE LA PROVINCE.

La langue, ce n’est pas seulement une grammaire et un lexique. C’est aussi des ensembles de mots figés qu’on appelle locutions ou expressions imagées.

Et là, je vais citer Claude Duneton, grand romancier et surtout grand amoureux de la langue française. Grand philologue, on dit en français de France ; le sens n’étant pas exactement le même en français de Belgique.

« La langue, elle est faite de tout un tissu d’impressions et d’incompréhensions. Un amas d’images. Elles illustrent la spécificité du peuple qui les a inventées.

Et ce sont ces choses-là qui montrent nos mentalités. L’émotion, la distance, la fragilité, la résistance, sont inscrites dans l’imagerie de la langue, tout comme notre manière de voir, de penser, et par conséquent d’agir.

En fin de compte, cet aspect de notre patrimoine langagier constitue peut-être la partie la plus sincère de nous-mêmes. »

Claude Duneton, à force de travail, à force de patience et de passion, a fait reconnaître ce patrimoine langagier. Avant lui trop négligé ou même déconsidéré. Peut-être parce qu’il est surtout l’expression du peuple. Il est la démonstration que la langue appartient à tout le monde. Elle est faite par tout le monde.

Claude Duneton a largement débroussaillé et balisé le terrain ; cette partie de la linguistique qu’on appelle la parémiologie.

Le professeur de linguistique Michel Francard, lui, pointe l’aspect belge de ce patrimoine langagier. Il nous montre que le Belge, en matière d’images langagières, se fait son propre cinéma.

Et il nous expose et explique ce que disent ces images. Il nous dit ce que dit ce cinéma-là. Ce qu’il dit du Belge lui-même et de son pays, de sa patrie, de la Belgique. Il nous dit ce qu’il dit de ses ressemblances et de ses dissemblances avec ses voisins culturels et linguistiques.

Patrick ADAM
Président du Collège provincial
Député provincial en charge de la Culture